ANONYME AIDÉ. N° 43 . ABRIL / AVRIL 2014 . 5º AÑO / 5E ANNÉE

Depuis quelques jours je vis de la pitié des gens, et déjà je vois tout en noir. Croyez-moi – ceux qui ne savent pas comment c’est de vivre de la pitié des gens – si vous viviez comme ça même 48 heures, je crois que votre point de vue sur la vie en serait définitivement changé. Nous sommes en pleine crise, nous le savons tous. Alors: peur, cœurs et poches fermés – ça se cache habituellement derrière les sourires de politesses.

Un des ces derniers jours très froid, un mendiant m’a conseillé de prendre un café chaud aux Pâquis. Gratuit. J’ai ouvert la porte.

L’église était pleine des tables, de chaises et de gens. Et oui, l’odeur de café régnait. Les gens parlaient doucement et la plupart étaient gais.

L’esprit est plaisant et m’a envahit sans même que j’en aie conscience.

Avec honte j’ai demandé un deuxième café, et je l’ai savouré en regardant autour de moi. Dans un coin, 9 personnes prenaient un cours de français. Dans un autre, un cours d’espagnol. Dans un autre encore, 6 ordinateurs étaient disponibles pour naviguer 30 minutes sur internet. J’ai remarqué que le soleil brillait à travers les vitraux.

J’ai pris un dépliant pour me documenter. Je n’ai pas vraiment compris pourquoi cet espace était ouvert, mais les gens du quartiers d’autour église sont ceux qui financent cette action. Soyez bénis ! Car aux Pâquis j’ai trouvé l’amour en action. Du dépliant j’ai compris aussi vos désirs. Et j’ai été touché spécialement par l’un d’entre eux. Parmi les naufragés de la vie qui rechargent leur batterie ici, il y a beaucoup d’artistes. Eux aussi pourraient mettre leur talent au service des gens.

Alors faisons ensemble des Pâquis un foyer de culture ! Nous pourrons de cette manière vous remercier pour les sacrifices que vous faites pour nous.

Vous réchauffez nos cœurs avec vos dons et votre temps. Ceux d’entre nous qui ont du talent pourrions nous en servir pour vous remercier.